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Musique et danse des gitans du Rajasthan

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Isha
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MessageSujet: Musique et danse des gitans du Rajasthan   Sam 2 Sep - 9:38

Thierry Titi ROBIN et Gulabi SAPERA
musique et danse des gitans du Rajasthan


Thierry Robin dit Titi, musicien autodidacte né à la fin des années cinquante dans l’ouest de la France, a construit son univers musical personnel en empruntant autour de lui, à l’instinct, des éléments de langage musical répondant à sa soif d’expression, les deux univers qu’il côtoyait quotidiennement et l’ayant directement et profondément influencé étant les cultures gitanes et orientales.

Avant que le courant des musiques du monde n’apparaisse, c’est au sein de ces deux communautés qu’il trouvera un écho sensible et encourageant, le milieu musical hexagonal dominant ne comprenant alors pas vraiment sa démarche. Les fêtes communautaires arabes et gitanes lui donnent l’occasion de tester la couleur originale de son approche musicale face à ces traditions riches dont il s’inspire mais qu’il n’imite pas, recherchant obstinément une voie qu’il lui semble exprimer avec le plus de justesse sa condition d’ artiste contemporain. Les musiciens qui l’accompagnent alors sont presque exclusivement originaires de ces minorités. Les deux artistes phares dans sa démarche sont Camaron de la Isla, le cantaor flamenco et le maître irakien du ‘oud, Munir Bachir.

Au début des années 80, il commence à composer dans un style éminemment personnel qu’il n’a pas quitté depuis. En 1984, il se produit (à la guitare, au ‘oud et au bouzouq) en duo avec Hameed Khan, tabliste indien originaire de Jaipur, se produisant aussi bien sur scène que dans les fêtes locales, les clubs et les restaurants orientaux. Son répertoire (instrumental) se constitue petit à petit, ainsi que les bases de son style d’improvisation. Un disque : Duo Luth et Tablâ, maintenant épuisé et devenu un collector* témoigne de cet univers original.

En 1987, la scène angevine voit apparaître un groupe étrange :
Johnny Michto, qui mêle la rythmique berbère marocaine, le bouzouq électrifié, la basse rock et les clarinettes et cornemuses ; une tentative de proposer au public une alternative aux combos de rock qui pullulent, en mariant les cultures populaires des membres du groupe. Mais là encore, c’est la communauté maghrébine qui accueille le plus chaleureusement la formation, les «Français de souche » ayant du mal à situer ce style aux références inédites.

En parallèle du duo instrumental avec Hameed Khan, qui mêle improvisations mélodiques et duels rythmiques enjoués, Thierry Robin rencontre le chanteur breton Erik Marchand qui représente pour lui la culture populaire et traditionnelle la plus riche aux abords de sa région d’origine. Ils vont développer ensemble un répertoire de compositions utilisant les modes avec quarts de tons et le mariage de l’improvisation modale orientale de type taqsîm avec la Gwerz, complainte monodique très ancienne dont le chanteur est alors l’un des rares dépositaires avec Yann Fanch Kemener. Ocora Radio-France leur commande un enregistrement : An Henchou Treuz (1990) qui recevra le Grand Prix de l’Académie Charles Cros.

C’ est l’amorce de la réunion des deux duos qui formera le « Trio Erik Marchand » pour lequel Thierry Robin compose et arrange l’essentiel du répertoire. Cette formation, d’une grande originalité puisqu’elle réunit un chanteur breton, un joueur de luth arabe et un spécialiste du tablâ indien (pour l’anecdote, c’est une photo de ce groupe qui illustre le premier article consacré à la « world music » dans l’Encyclopedia Universalis) tournera beaucoup, de festivals Womad en scènes consacrées aux musiques contemporaines, du Théâtre de la Ville à Paris au Quartz de Brest, en passant par la scène jazz qui apprécie leur démarche novatrice dans l’improvisation. Ils tourneront aussi à l’étranger, de Québec à Houston, de Marrakech à Jérusalem. En 1991 sort le premier opus sous le nom de « Trio Erik Marchand » : An Tri Breur au sein du label Silex.

Cette formation avait fait connaître Titi Robin essentiellement comme ‘oudiste, et un disque sorti en janvier 93 va permettre de mieux situer l’univers du musicien et l’interprète du bouzouq et de la guitare : Gitans
est un hommage souhaité par l’artiste envers la communauté gitane qui lui a tant appris. Mosaïque de rencontres entre des artistes chers à Titi Robin et qui représentent différentes branches de cette grande famille, de l’Inde du Nord à l’Andalousie, via les Balkans, d’où il puise sa vision musicale personnelle. Musiciens invités: Gulabi Sapera (chant), Bruno el Gitano (chant, palmas, guitare), Mambo Saadna (chant, palmas, guitare), Paco el Lobo (chant, palmas), François Castiello (accordéon), Hameed Khan (tablâ), Francis Moerman (guitare), Abdelkrim Sami (percussions), Bernard Subert (clarinette, cornemuse). Ce disque, et la formation qui va en découler, vont rencontrer un large public, réunissant à la fois les aficionados avertis et les amateurs de musique méditerranéenne. « Gitans » tournera du Japon à l’Hollywood Ball (USA), de l’Afrique du Sud aux grands festivals européens de musiques du monde.

Début 96, rompant avec cette aventure collective éclatante, sort un disque instrumental, entièrement improvisé, Le Regard Nu, aboutissement d’une année de recherche expérimentale. Thierry Robin s’est inspiré des poses de modèles féminins, à l’instar d’un peintre ou d’un sculpteur, pour nourrir ses improvisations musicales, au ‘oud et au bouzouq, en solo. Ce disque unique reste une de ses grandes fiertés et a conquis un cercle d’admirateurs sur toute la planète.

Les tournées de Gitans se poursuivent, ce dont témoigne Payo Michto en 97, disque live avec Francis Varis à l’accordéon.

Titi Robin souhaitait trouver une voie tissant des liens avec les musiques populaires occidentales modernes, ce qui conduisit à une nouvelle formation, incluant dans l’orchestration le saxophone, la batterie et la basse. Ce sera :Kali Gadji. Les influences gitanes et orientales, toujours très présentes, se mêlent à la tchatche en français ainsi qu’aux polyrythmies d’Afrique de l’Ouest. Les musiciens invités sont Renaud Pion (saxophones), Abdelkrim Sami (chant, percussions), Farid “Roberto” Saadna (chant, guitare, palmas), Jorge “Negrito” Trasante (batterie), Gabi Levasseur (accordéon), Alain Genty (basse) et Bernard Subert (hautbois, cornemuse). Cet orchestre tournera plusieurs années en parallèle de « Gitans ».

C’est en 2000 que sortira : Un ciel de Cuivre, album qui de l’avis de Titi Robin, est le disque représentant le mieux son univers musical dans sa diversité. Quinze musiciens sont invités dont Farid “Roberto” Saadna, Gulabi Sapera, Keyvan Chemirani, François Laizeau, Renaud Pion, Negrito Trasante, Francis-Alfred Moerman, ... Voici ce qu’il en dit: "Ce nouveau disque n’est pas centré sur une formation orchestrale précise, à la différence de PAYO MICHTO ou KALI GADJI, les précédents. Il est le témoin de la diversité de mes influences et, je l’espère, de la cohérence de mon univers esthétique. Les cultures gitanes, méditerranéennes et balkaniques sont toujours bien présentes, mais c’est avant tout une vision personnelle du monde que je souhaite exprimer à travers ces mariages musicaux qui sont mon quotidien. Ce projet a un point commun avec le disque GITANS sorti en 1993: C'est un voyage, chaque mélodie a une saveur particulière, chaque rythme a son histoire, la géographie des origines culturelles reflète en miroir le paysage intime du voyageur. Il y a des mélodies intimistes et des rumbas festives, des chants déchirés et une berceuse gitane, des musiques de danse puissamment orchestrées et des trios apaisés, des montagnes enneigées et des rivages ensoleillés, du sang, des épices et du miel, et d'autres choses encore que vous découvrirez peut-être avant moi.…."

Une formation en sextet tournera désormais en permanence, présentant des thèmes issus de ce disque mêlés à des compositions plus anciennes.

Est présenté également sur scène un trio instrumental (‘Oud, guitare, bouzouq/accordéon/percussions) avec Francis varis et Abdelkrim Sami, puisant dans l’ensemble du répertoire de Titi, qui se produira surtout à l’étranger, en particulier au Moyen-Orient.

Depuis l’année 1992 , Thierry Robin n’avait cessé de collaborer avec Gulabi Sapera, à laquelle il avait d’ailleurs consacré un livre Gulabi Sapera, Danseuse Gitane du Rajasthan (2000, Naïve/Actes-Sud). Elle était fréquemment l’invitée des spectacles de Titi et les chansons « Pundela » issue du disque « Gitans », comme « La rose de Jaipur », dans « Un ciel de cuivre », montraient à quel point la rencontre entre ces deux artistes suscitait l’émotion.

En 2002 sort un opus qu’ils co-signent : Rakhî consacré au mariage de leurs univers respectifs, sur la base de chansons de la caste des Kalbeliyas, les charmeurs de serpent dont Gulabi est la danseuse emblématique et internationalement reconnue. Un spectacle où sa chorégraphie et les compositions de Titi Robin s’assemblent a vu le jour en septembre 2002 et est annoncé sur de nombreuses scènes françaises et internationales. Bénéficiant d’une création lumière de Pascale Paillard, cette nouvelle aventure scénique, baptisée "JIVULA" reçoit un accueil extrèmement chaleureux.

La même année, il réalise l’intégralité de la bande-originale du film de Manuel Boursinhac La Mentale. Le réalisateur tenait à l’univers musical de Titi pour accompagner ses images et ce fut pour ce dernier une nouvelle aventure qui lui a beaucoup a appris et qu’il souhaite renouveler.

2004 : sortie de l’anthologie ALEZANE chez Naïve. Présentation d’ « Alezane » par Thierry « Titi » Robin: “Ces deux disques correspondent à une sélection d’enregistrements portant sur une douzaine d’années, mais puisent dans environ vingt-cinq ans de composition. Dans mes précédents albums, j’ai toujours cherché à marier les thèmes dansants et intimistes de la manière la plus fondue possible. Ici, au contraire, nous avons dressé un panorama en classant les morceaux en deux catégories : les airs rythmés (CD I « Le jour ») et ceux plus calmes (CD II «La Nuit»).
Le véritable défi est d’exprimer, à l’intérieur d’un système artistique qui s’est plus imposé à moi que je ne l’ai choisi, mon chemin de musicien contemporain, toutes les couleurs et les parfums qui me tournent autour et me traversent. J’ai invité Eric Roux-Fontaine pour les aspects visuels de ce projet. Eric est un créateur contemporain, peintre, photographe, parcourant depuis une dizaine d'années les cultures gitanes. Il a accepté de réaliser entièrement la conception graphique de ce double album. "

La même année, Eric Roux-Fontaine demande à Titi Robin une suite de textes poétiques pour intégrer son livre RAJASTHAN, un voyage aux sources gitanes” aux éditions du Garde-Temps. Titi poursuit, à l’aide de l’écriture, la même recherche esthétique

Titi continue de tourner de par le monde: Il participe, avec Gulabi Sapera, au Virasat Festival de Jaipur en janvier 2004 et l’automne le voit en concert durant six semaines en Afrique Australe et dans l’Océan Indien (A Addis Abeba, de très nombreux artistes éthiopiens (dont Mahmoud Ahmed) viennent applaudir Titi, Gulabi et les musiciens de la formation); il se produit lors de l’édition lisboète du gigantesque Rock in Rio (après y avoir joué en 2003 au Brésil)
site du festival
et parcourt bien sûr les routes françaises et européennes. Il prépare en Inde fin 2004 un spectacle “en famille” avec la nouvelle génération (Maria, La Coque, Dino Banjara -voir page créations). Il joue par deux fois à Paris (en mars 2004, au Sunset puis au Café de la Danse) et en février 2005 aux Bouffes du Nord: Il y présente, dans ce cadre magnifique qui correspond vraiment à son univers artistique, l’ensemble des formations et des artistes avec qui il travaille, et ces concerts, tous à guichets fermés, sont d’intenses moments d’émotion. Il s’associe à Alain Bashung lors de l’invitation de ce dernier à sa carte blanche de la Cité de la Musique en juin 2005 et leur duo inédit en surprend plus d’un. En août 2005, il se produit successivement à Beyrouth, dans la belle salle du Music-Hall (où il retrouve de nombreux amis libanais) et au sein de la programmation tzigane du festival Sziget de Budapest.

Parallèlement, durant le printemps et l'été 2005, il enregistre un nouvel album: ces vagues que l’amour soulève et réalise la musique du film de Florence Quentin Olé! (dont la distribution comprend Gérard Depardieu, Gad Elmaleh et Sabine Azéma

Thierry « Titi » Robin est un artiste en marge. On le situe dans une mouvance « musiques du monde » qu’il ne reconnaît pas, car elle lui semble témoigner d’un profond ethnocentrisme, en créant une barrière entre les musiques « ethniques » occidentales (rock, jazz, …) et les autres ! Pour lui, le métissage des musiques n’est en aucun cas une valeur en soi, mais simplement une réalité, sa réalité. L’essentiel étant de trouver la voie la plus juste entre le sentiment à la source de la création et la forme artistique chargée de l’exprimer, qu’elle se matérialise dans un style purement traditionnel ou qu’elle bouleverse les codes établis. Traçant sa propre route, il a su écouter les encouragements d’artistes éminents comme les chanteurs flamencos Fosforito ou Chano Lobato, ainsi que le virtuose du ‘oud Munir Bachir, qui ont reconnu dans ce parcours atypique une sincérité et une authenticité, par delà les différences.

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MessageSujet: Re: Musique et danse des gitans du Rajasthan   Sam 2 Sep - 9:40

Gulabi Sapera : DANSEUSE GITANE DU RAJASTHAN

Au Rajasthan, dans le Nord-Ouest de l’Inde, les nomades sont nombreux qui sillonnent le désert du Thar ou campent à la lisière des grandes villes. Parmi eux, il y a les Gaduliya Lohars (forgerons et charrons), les Banjaras (à l’origine chargés du commerce du sel), les Kalbeliyas Saperas, qui charment les serpents et soignent leurs morsures, conformément à l’enseignement de leur maître Kanipav Nath. Gulabi fait partie de cette dernière communauté. Elle est celle qui a sans doute fait le plus pour la reconnaissance de ces castes dans son pays et à l’étranger, tout en étant en perpétuel conflit, dès son plus jeune âge, avec les règles trop rigides qui entravaient sa route. Elle est aujourd’hui renommée dans une grande partie du sous-continent ainsi que dans la diaspora comme la petite Gitane qui avait ébloui jusqu’à Rajiv Gandhi par sa danse évoquant le serpent (animal auquel elle s’identifie), sa virtuosité et l’énergie rythmique proche de la transe de ses improvisations chorégraphiques.

Son style ne doit pas plus au“Kathak ”, danse classique de l’Inde du Nord bien connue en Occident qu’aux danses popularisées par les comédies musicales de Bombay.
Il ne faudrait pas, sous prétexte que la culture d’où elle est issue provient d’un pays non occidental, appréhender son style chorégraphique comme un “folklore du monde” de plus (appellation d’ailleurs le plus souvent vide de sens). La danse sapera qu’on observe sur scène aujourd’hui doit beaucoup, dans sa forme actuelle, au vocabulaire chorégraphique qu’a développé Gulabi dans sa jeunesse

On peut comparer ce phénomène, de manière globale, au style musical des Mânouches d’Europe de l’Ouest établi dans les années trente par un musicien inspiré et doté d’une forte personnalité, Django Reinhardt, sur la base d’une tradition préexistante, et en cristallisant les bouleversements musicaux de l’époque. Son jeu est devenu la référence instrumentale quasi “traditionnelle” d’un peuple et des amateurs gadje . De la même manière, Gulabi a créé un langage chorégraphique original issu à la fois de son génie propre et de la tradition, et a imposé dans le même temps, en brisant certains tabous sociaux, la représentation scénique de la danse kalbeliya . Son style est ainsi apparu comme le référent identitaire pour sa caste et le public indien ou international. Aujourd’hui, de jeunes danseuses comme Suwa Devi ou Shanti Sapera (entre autres) enrichissent ce vocabulaire de leur propre personnalité.

Et Gulabi, danseuse contemporaine renouvelant sans cesse son vocabulaire chorégraphique, a fait sensation au dernier Virasat Festival de Jaipur, en janvier 2004, lorsqu’elle a dansé sur la musique du trio de Thierry Robin, surprenant par ses audaces ses plus ardents admirateurs, très nombreux en Inde, en évoluant, innovation, sur des improvisations musicales non rythmées, développant un langage que les nombreux journalistes présents qualifiaient de “savant”.

L’ENFANCE DE GULABI

“Quand j’étais toute petite, vers six mois, j’étais très attachée à mon père. Il était charmeur de serpent et partait tous les jours le montrer dans les rues.
A chaque fois qu’il s’en allait, je le suivais des yeux et me mettais à pleurer car je voulais le suivre. C’était la même chose chaque jour. Un soir, en rentrant, il me trouva avec énormément de fièvre. Il demanda pourquoi j’étais malade et maman lui répondit: “Elle t’a vu partir, elle a entendu le pungi que tu utilises pour charmer le serpent et n’a pas arrêté de pleurer depuis. C’est pour ça qu’elle est fiévreuse.”
“Mais comment une si petite enfant pourrait-elle venir avec moi? Elle doit rester à la maison afin que sa mère l’allaite, il n’est pas possible qu’elle me suive.” Il était très étonné de ma réaction. Puis il pensa: “Elle doit avoir un lien avec les sap (serpent) ”.
A partir de ce jour, il m’emmena avec lui et le serpent, chaque matin.
Il était malgré tout très surpris car un enfant de cet âge ne cesse de boire le lait maternel à toute heure de la journée. “Pourra-t-elle rester tout le jour sans boire?”
Le premier jour où j’allai avec mon père, le serpent était dans un panier et moi dans l’autre. Toute la journée, je me suis tenue près de lui, je regardais le serpent danser, je n’avais pas faim, je restai ainsi, avec un peu d’eau à boire qu’il me donnait. Chez nous, on n’imaginait pas donner à un enfant du lait autre que le lait maternel. Je passai la journée entière sans rien manger.
Ensuite, tous les jours, nous allions ensemble par les rues demander l’aumone et montrer la danse du serpent. J’étais heureuse. C’est alors qu’il commença à me donner un peu du lait destiné au serpent, que les villageois offraient. C’est la tradition d’offrir le lait au serpent après la danse et je buvais à même le bol avec le sap .
Dès le début, j’étais toujours en mouvement même si je ne savais pas encore marcher. Je bougeais en regardant le serpent. Je n’ai pas marché spécialement tôt, mais j’avais tellement d’énergie en moi que je dansais tout le temps. Dès que j’ai commencé à marcher, j’ai fait des mouvements de danse. Vers un an, je dansais autour du serpent, et parfois, je le prenais et le mettais autour de mon cou, l’enroulais autour de moi ou sur ma tête. Je tombais quelquefois, mais je me relevais aussitôt et continuais à danser.”
extrait du livre-CD "Gulabi Sapera, Danseuse gitane du Rajasthan" Ed Naïve/Actes Sud

TITI & GULABI VUS PAR LA PRESSE

A personnage d’exception, disque exceptionnel Rakhî. Gulabi Sapera compte parmi les femmes qui savent changer le monde : venue d’une très basse caste de gitans du Rajasthan, elle a bravé mille interdits pour devenir une des plus étonnantes danseuse de notre temps...
Thierry Robin a écrit des chansons superbes, des instrumentations d’une attentive pertinence. Un disque exemplaire dans le rapport de l’ancien et la novation, un très beau portrait d’artiste
LE FIGARO

«On retrouve peut-être ce qu’il a fallu quelques centaines d’années pour défaire : un langage commun à des incarnations très différentes de l’âme gitane. Et cela transcende la géographie, l’histoire et même la fameuse loi du sang. Gulabi venue du lieu d’origine mythique des peuples gitans ; Thierry Robin, français "de souche". Il y a une telle cohérence dans l’entrain, l’enjouement, les mélancolies, la démonstrativité, la ferveur de ce disque que l’on se sent des remords à vouloir l’analyser, à en séparer l’oriental de l’occidental, la fusion consentie de la singularité irréductible, l’instinct de l’intention (...) une grâce habite ce disque qui le protège des laideurs contemporaines. »

CHOC Le Monde de la Musique pour l'album RAKHI

"...Avec une incroyable persévérance, elle a bravé les lois du clan qui interdisent aux femmes de danser publiquement. Elle a gagné une reconnaissance nationale, puis internationale depuis sa rencontre avec l’Angevin “Titi” Robin. Ce vagabond des étoiles à l’inspiration délicieusement féconde sur guitare, oud et saz, l’a entraînée dans l’aventure de Gitans, disque et spectacle. Il a transcrit son histoire dans un superbe livre, Gulabi Sapera, danseuse gitane du Rajasthan. Ce disque, où elle chante, est l’aboutissement de dix ans de confiance artistique mutuelle. Une splendeur !"
François Bensignor


source et remerciements : http://www.amdathtra.ch/docs/saison.php?view=70

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MessageSujet: Re: Musique et danse des gitans du Rajasthan   Mer 23 Jan - 13:25

Je suis litteralement fan de cet homme et de cette femme, j'ai découvert avec ma frali et j'ai toujours ma vieille K7 de l'album gitan dans ma chaine, depuis j'ai acheter les album, mais cette K7 c'est comme une relique, un cadeau d'anniversaire avec sur l'autre face la musique du temps des gitans. Rha... ça represente tellement ce petit bout de bande.
Merci pour ce post tres complet! (comme a chaque fois ^^)
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Musique et danse des gitans du Rajasthan

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