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Isha Humble créatrice


   Age : 38 Inscrit le : 11 Déc 2005 Messages : 740 Localisation : Dans l'absolu Emploi : drabarni avant tout Loisirs : vous
| Sujet: Destin et Féminité Mer 11 Avr - 10:12 | |
| L'étude de la fonction mythique et religieuse de la femme dans le monde tsigane offre l'avantage de nous situer comme à un carrefour ou un centre de perspective. La féminité domine tellement l'univers religieux et surnaturel des Tsiganes qu'on peut à partir d'elle tenter d'obtenir une compréhension quelque peu synthétique de cet univers.
En effet, les pratiques et superstitions tsiganes présentent des caractères qui en rendent l'analyse laborieuse et une vue synthétique assez aléatoire ; d'où l'absolue nécessité de la recherche d'un fil conducteur à travers le dédale des représentations mythiques et des croyances religieuses tsiganes.
Comme je le dis souvent, les choses chez nous ne s'explique guère, elles se ressentent et se vivent... Mais bon, à l'heure des technologies évolutives de communication, tentons de faire cet effort...
Le rôle de la femme ou de la féminité dans la vie religieuse et morale tsigane, à travers rites et mythes.
Le sujet étant très vaste, il sera traité ici à propos de quelques rites particulièrement significatifs montrant le lien entre le genre de vie des Tsiganes, la nature de leurs idées morales et des mythes par lesquels ils les traduisent.
D'emblée une constatation s'impose : la femme et le XXX féminin, tiennent une très grande place dans les croyances religieuses, le merveilleux et les mythes tsiganes. En effet, la plupart des "esprits" ou forces surnaturelles qui dominent l'existence humaine et qu'il faut exorciser ou se concilier, selon les cas, sont féminins. Et surtout les intermédiaires entre le monde supérieur et celui des hommes sont essentiellement des femmes, qui exercent une véritable fonction sacrée, soit de divination, soit de guérison, soit de propitiation. Ces femmes tiennent en fait le rôle joué par les castes sacerdotales dans la plupart des autres religions. Il est en fait bien caractéristique du monde tsigane qu'il ignore une quelconque fonction sacerdotale au sens précis du mot. Les représentants de l'autorité tribale n'exercent en effet aucune fonction religieuse proprement dite, privilège qui appartient à certaines femmes. Et de plus, autre caractéristique typique, ces fonctions rituelles exercées par des femmes, et adressées la plupart à des puissances supérieures féminines, ont un but essentiellement pratique, éthique dirions-nous, soit connaître le destin pour aider les Tsiganes à y conformer leur vie, soit lutter contre les forces mauvaises et amener un peu de bonheur et de sécurité à travers l'existence errante de ces nomades. L'examen de quelques thèmes et croyances, dans lesquels les êtres féminins occupent la principale part, nous permettra de pénétrer quelque peu dans ce monde intérieur tsigane.
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|  | | Isha Humble créatrice


   Age : 38 Inscrit le : 11 Déc 2005 Messages : 740 Localisation : Dans l'absolu Emploi : drabarni avant tout Loisirs : vous
| Sujet: Re: Destin et Féminité Mer 11 Avr - 10:34 | |
| Une existence dominée par un destin inexorable
Examinons la croyance qui domine toute la vie du Tsigane, la marque profondément et est à la source de très nombreuses superstitions et pratiques rituelles. Il s'agit du sens même de l'existence pour le Tsigane.
Indépendamment de toutes les croyances religieuses positives, d'origine extérieure au monde tsigane, qui les a d'ailleurs réinterprétées et utilisées à sa façon, une sorte de foi commune se détache de tout le reste et se traduit par une attitude de fond qui est certainement un des traits typiques des Tsiganes. C'est une sorte de fatalisme, de croyance innée en un destin prédéterminé, inexorablement fixé à l'avance et que chaque individu doit accomplir inévitablement, sans possibilité de l'influencer à l'avance ou de le modifier.
Certes ce fatalisme est très répandu chez de nombreux peuples. Il constitue même la base des croyances cosmiques et religieuses de très nombreux peuples et reflète en général une mentalité ouverte à des changements ou à la possibilité humaine de modifier le cours des choses. Entrés que nous sommes dans ère industrielle, où l'homme s'éprouve peu à peu comme auto-créateur de son propre destin te ou des possibilités infinies s'ouvrent devant lui, nous avons de la difficulté à comprendre une mentalité dominée pour l'acceptation fataliste du sort ; et il y a certainement là une des raisons de la difficulté qu'éprouvent de nombreux Tsiganes à entrer dans l'esprit de notre culture et nous-mêmes à comprendre la leur.
Mais ce qu'il importe de préciser, c'est la forme originale que revêt ce fatalisme chez les Tsiganes. Il s'exprime essentiellement en termes psychologiques et moraux, dans l'alternative : bonheur (Bacht) et malheur (Bibacht), qui scande le destin de chaque individu. (N'oublions pas de relier ce dualisme avec la conception éthique des Tsiganes sur le bien et le mal)
Cette tonalité affective, existentielle dirions-nous, semble bien étroitement liée aux conditions d'incertitude du nomadisme. Il ne faut pas oublier en effet le caractère du nomadisme tsigane, coupé de toute source stable de sécurité économique, comme l'est l'élevage pratiqué par de nombreuses peuplades nomades sémitiques. Le nomadisme intégral signifie d'abord un déracinement total, donc une coupure avec toute l'activité fixe, comme le travail agricole, qui insère l'homme dans un cadre naturel, le sécurise, lui permet de prévoir pour son avenir dont il se sent plus ou moins l'artisan. L'errance perpétuelle entraîne inévitablement d'abord un immobilisme des structures mentales et sociologiques, chez l'individu et le groupe qui ne peuvent sauvegarder leur identité qu'en se réfugiant dans l'expérience du lien avec le passé, avec la tradition, sans aucun stimulant à innover. D'où le sentiment qu'ils n'ont pas prise sur leur mode d'existence, dont la fixité est le point de repère essentiel et indispensable à travers la mobilité de leurs relations avec le monde extérieur, celui des sédentaires. Le Tsigane s'éprouve comme soumis à un destin tracé à l'avance, car le futur pour lui lui apparaît, non comme un avenir à modeler de lui-même, mais comme situé dans la même ligne que son passé, comme quelque chose qui est donné ; d'où la persuasion que cet avenir lui est déjà tracé d'avance.
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|  | | Isha Humble créatrice


   Age : 38 Inscrit le : 11 Déc 2005 Messages : 740 Localisation : Dans l'absolu Emploi : drabarni avant tout Loisirs : vous
| Sujet: Re: Destin et Féminité Mer 11 Avr - 10:52 | |
| Ce sentiment ne peut qu'être confirmé et trouver son originalité dans la dépendance inévitable du nomade tsigane envers les populations sédentaires qu'il côtoie. Il y a en effet une certaine dépendance, car les Tsiganes doivent vivre et pour cela exercer certains métiers ou activités compatibles avec leur nomadisme et qui les mettent en rapport avec les sédentaires, par exemple le travail des métaux (à usages domestiques), la vannerie, le commerce de chevaux, etc. Or il est un fait essentiel qui affecte cette dépendance d'une grave note affective, c'est en général la prévention que nourrissent les sédentaires envers les nomades, prévention pouvant aller du simple désir de ségrégation (ou évite le contact), jusqu'à l'hostilité ouverte (refus de laisser les nomades s'installer, même une nuit), en passant par la suspicion systématique qui est la réaction la plus courante (et se traduisant par de rigoureuses mesures policières).
De la sorte on comprend que le Tsigane se sente vraiment l'étranger parmi les autres hommes, et un étranger ne sachant jamais quel accueil lui sera réservé de la part d'indigènes avec lesquels il doit cependant entrer en contact. Son existence est alors vraiment définie par une incertitude et une insécurité permanentes, ballottée qu'elle est entre heurs et malheurs, à travers lesquels le Tsigane sait qu'il doit conduire son chemin tracé à l'avance par le destin. C'est d'ailleurs dans ce contexte que l'on doit comprendre comme une tentative de compensation de cette insécurité le fait que le Tsigane met une fierté à s'appeler et se considérer comme "l'homme" véritable, l'être libre de ses mouvements et de ses décisions par opposition au sédentaire rivé au sol et aux servitudes du travail.
Cette incertitude et cette insécurité, constitutives d'une existence nomade au sein de civilisations sédentaires, expliquent l'orientation profonde de la psychologie religieuse tsigane, véritablement hantée par la préoccupation du destin quotidien ; sera-t-il bon, sera-t-il mauvais ? Aussi la plupart des mythes, des pratiques superstitieuses et des rites magiques tsiganes tournent-ils autour des thèmes du bonheur à assurer et du malheur à conjurer.
On ne peut prétendre que cette dialectique soit propre aux Tsiganes ; on la retrouve sans doute dans de nombreuses peuplades, surtout ceux dont le genre de vie se rapproche de ce nomadisme perpétuellement affronté à la suspicion, mais elle prend dans le monde tsigane une forme propre et surtout retentit sur l'ensemble du la psychologie religieuse et sur leur manière d'intégrer à leur type de religiosité les emprunts effectués au autres religions.
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|  | | Isha Humble créatrice


   Age : 38 Inscrit le : 11 Déc 2005 Messages : 740 Localisation : Dans l'absolu Emploi : drabarni avant tout Loisirs : vous
| Sujet: Re: Destin et Féminité Mer 11 Avr - 11:15 | |
| Bons et mauvais Esprits
Une croyance religieuse qui transparaît à travers toute l'existence des Tsiganes, à travers la plupart de leurs contes et fonde de nombreuses pratique rituelles, est celle en des esprits bons et mauvais, esprits qui déterminent le destin et la vie quotidienne des hommes et des animaux, les uns apportent le bonheur, les autres le malheur.
Parmi le monde innombrable des "esprits", ayant tous plus ou moins une certaine corporéité (le Tsigane vit dans le sensible et ne peut guère concevoir la notion d'esprits pur), trois groupes se détachent nettement par leur importance, et chose significative, sont tous du XXX féminin, sortes de fées bonnes ou mauvaises : les Ourmes, les Kechali, les sorcières ou Holipi. Sans compter aussi, le rôle médiateur et très important que jouent certaines femmes tsiganes, magiciennes à la fois devins et guérisseuse, sortes d'intermédiaires entre le monde des forces surnaturelles et celui des humains.
Les Ourmes
Ce sont vraiment les déesses du destin des Tsiganes d'Europe centrale. On les appelle aussi les "femmes blanches", car revêtues d'une robe blanche. Leurs descriptions, leurs modes de vie, varient beaucoup d'une kumpania à l'autre. En général elles sont cependant reliées au règne végétal, sorte d'âme des arbres.
A nous en tenir à l'essentiel, disons qu'elles vont par groupe de trois apparaissant et intervenant essentiellement lors de la naissance de chaque enfant dont elles déterminent le destin futur. Une de ces fées est bonne, l'autre est cause de malheur, la troisième jouant un rôle intermédiaire.
Voyons en résumé le rituel tsigane pratiqué à l'occasion d'une naissance pour influencer en bien les trois Ourmes (dans certaines kumpania on opère dans la nuit qui suit la naissance, chez d'autres dans celle qui suit le baptême).
D'abord un cercle est creusé, en forme de rigole, sur le sol autour de la tente, ou est la mère et l'enfant, et dans lequel on répand de la semence de houx, et cela afin que les trois Ourmes ne soient pas effarouchées par des esprits mauvais (tel le Mulo).
D'autres Tsiganes (roumains, russes, serbes) placent sur la tête de la mère et de l'enfant une écuelle pleine de blé ou de millet cuit dans du miel et dans lequel sont plantées trois cuillères à l'usage des trois Ourmes. Ailleurs, par exemple en Transylvanie, en Hongrie du sud, on place pour les Ourmes trois morceaux de lard, de poule blanche et trois verres d'eau-de-vie.
Ces préparatifs faits, tout le monde doit quitter la tente ou le lieu où sont la mère et l'enfant. Seule la magicienne demeure à l'entrée en murmurant des prières jusqu'au matin, dans le but d'attirer sur l'enfant le bonheur, la chance et la santé.
En effet, les magiciennes sont parmi les rares humains à pouvoir apercevoir les Ourmes ; en dehors d'elles le peuvent la 7ème fille d'une série de files ou le 9ème garçon d'une série de mâle.
Comment alors détecter le destin futur de l'enfant nouveau-né ? Le rite le plus habituel est le suivant : peu de jours après la naissance et là où elle a eu lieu, à midi, on plante en terre une aiguille neuve. Après trois jours on la retire du sol et le degré de rouille indique le degré de malheur qui doit atteindre l'intéressé.
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| Sujet: Re: Destin et Féminité Mer 11 Avr - 11:36 | |
| Les Kechali
Ou fées des forêts, ce sont d'autres sortes d'esprits féminins déterminant le destin des hommes. Toutefois elles ne sont plus connues qu'auprès de quelques kumpania d'Europe centrale. Leur croyance, en voie de disparition, semble constituer une couche plus ancienne de la mythologie tsigane, peu à peu supplantée par celles des Ourmes.
Les caractéristiques des ces fées du destin sont les suivantes, d'après les quelques éléments d'information qui en subsistent : ces être féminins surnaturels, généralement par gourpes de trois habitent les montagnes et possèdent de longs et fins cheveux qui forment le brouillard des vallées.
Mais surtout c'est uniquement en tant que vierges qu'elles peuvent influencer le destin des humains. Car elles peuvent aimer un homme et selier à lui ; mais alors c'est pur son propre malheur. L'enfant qu'elle aurait de lui ne pourrait être qu'un mort-né ; son amant fasciné par elle en perd la raison et elle-même perd de ce fait son pouvoir magique ; elle se réfugie toujours plus haut dans les montagnes pour y vieillir et disparaître.
L'influence des Kechali se manifeste de deux façons différentes : si elle veut accorder la chance pour toute la vie à un enfant (et elle ne le peut qu'en tant que vierge), elle entoure son cou du fil rouge de la chance (en fait si l'enfant porte à sa naissance un pli ou une ride circulaire au cou). Par ailleurs, une telle Kechali, au moment de perdre son pouvoir en se choississant un amant, peut porter chance à un enfant en lui tissant à partir de sa propre chevelure une robe de chance, si fine qu'elle est invisible aux yeux des humains. On notera ici le lien entre la chance et la notion de chevelure ou de fil, lien fréquent en de nombreuses mythologies ; à ce sujet on évoque inévitablement le mythe antique des trois Parques. Et il est très vraisemblable que cette croyance tsigane s'est alimentée à un fond commun indo-européen.
Il est intéressant de signaler ici que si la croyanbce aux Kechali est pratiquement disparue dans la plupart des kumpania, il n'en va pas de même d'une autre croyance dépendant d'elle, celle de la reine Ana, reine des Kechali, qui est encore bien conservée. Cette Ana, jadis simple vierge Kechali, fut aimée par le roi d'un peuple mystérieux (celui des Lotcholikos), et afin d'éviter l'anéantissement des fées Kechali par ce peuple, Ana se résolut à épouser le roi. De ce mariage malheureux naquirent les neuf Démons pathogènes (ceux qui causent des maladies) qui depuis se sont multipliés. Actuellement d'ailleurs le terme de Lotcholikos désigne des hommes qui ont conclu un pacte avec le diable (les louklanouches sont ceux qui l'ont fait avec le diable le plus élevé en "dignité").
Puisqu'on en est au problème du diable dans la mythologie tsigane, il faut évoquer ici le thème, féminin encore, de la sorcière, qui nous permettra d'apprécier la dépendance de cette mythologie envers les autres d'Europes, ainsi que sa part d'originalité propre. _________________
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| Sujet: Re: Destin et Féminité Mer 11 Avr - 12:04 | |
| Les sorcières ou Holypi
Etymologiquement en tsigane : la femme qui s'irrite du bonheur de ses frères humains), ici on a affaire non plus à des 'esprits" féminins, commes les Ourmes ou les Kechali, revêtant des formes humaines imprécises, mais à des femmes véritables qui se sont unies XXX à des démons pathogènes. Par sa relation XXX avec un démon, la femme serait possédée par cet esprit démoniaque et devient alors sorcière. Et la propriété de la situation de sorcière, dans le monde tsigane, est qu'elle peut transmettre cet esprit démoniaque, à un homme ou un animal, pour son malheur évidemment. Cet esprit peut même inverstir un ver de terre et de petits serpents pouvant alors transmettre, à leur tour, cet esprit à un humain qui, par exemple, dormirait la bouche ouverte (au réveil, la présence d'une tache jaune à un doigt serait le symptôme d'une telle possession, qui exigerait alors l'intervention d'une magicienne-exorciste).
Les croyances tsiganes relatives aux sorcières sont innombrables et très variées ; mais en général elles constituent des emprunts au folklore des peuples sédentaires que visit tel ou tel groupe de Tsiganes. Par exemple, on a établi l'origine slave (du sud) de la croyance que certaines sorcières dévorent le coeur de l'humain (surtout s'il s'agit d'une vierge) dans lequel leur esprit démoniaque a pénétré sous la forme d'une ver. Par ailleurs, il est curieux de cosntater le lien établi par de nombreuses tribus tsiganes entre la fête de la Pentecôte et une plus grande activité des sorcières (la nuit de la Pentecôte est la grande fête annuelle des sorcières).
Les sorcières sont rangées par les Tsiganes dans la catégorie des mauvais esprits, des dméons porteurs de maladies ; un seul mauvais regard jeté par elles, ou un souffle de leur bouche, peut provoquer le mal. Et nombreux sont alors les rites pour conjurer cette influence néfaste.
De nombreux comportements sont ainsi dictés par ces croyances au pouvoir des sorcières. Un de plus typiques est certainement celui de l'interdiciton de certains aliments (par exemple, haricots, graines de courges, noisettes, blé noir, certains poissons, la chèvre, le lièvre, le porc, etc.). Il serait intéressant de rechercher des parallèles entre ces interdits et certains cultes religieux jadis adoptés par les Tsiganes et oubliés depuis par eux, quoique se survivant dans ces interdits. Quant on sait, l'importance culturelle de ces porhibitions dans toutes les religions, surtout les plus primitives, et le lien socio-religieux entre ces interdits et certaines cestes sociales, on peut légitimement penser à voir dans ce comportement le résidu de coutumes religieuses et sociales datant de l'époque où les Tsiganes étaient une caste particulière. L'incorporation de ces interdits à la croyance aux sorcières serait l'ulitme forme qu'aurait prise un comportement ayant eu primitivment une autre signification.
Le Thème des sorcières nous offre d'ailleurs une occasion de discerner l'influence du christianisme sur des éléments culturels plus anciens. En effet on peut déterminer deux niveaux dans les rapports entre la sorcière et les puissances surnaturelles néfastes : un niveau ancien où il n'est question que d'esprits mauvais, esprit étant entendu, non pas au sens actuel d'immatériel, mais d'êtres mystérieux, de nature vraiment matérielle et pas simplement en apparence, car nourrir (d'une nourriture bien particulière qui est à l'orignie des interdictions alimentaires évoquées plus haut : les aliments interdits sont ceux que ne peuvent manger que les démons) ; et le lien entre la sorcière et de tels esprits est créé uniquement par des rapports XXX entre eux, qui confèrent à celle-ci une part de ce pouvoir maléfique démoniaque.
Par contre, il convient de situer à un niveau plus récent le lien entre la sorcière et le diable proprement dit, car nous y retrouvons une conception familière au christianisme, celle du diable comme maître et seigneur du mal. Ce lien n'a plus rien à voir avec des rapports XXX ; il est crée essentiellement par un pacte de sang : tous les sept ans la sorcière renouvelle ce pacte en donnant à boire au diable le sang de ses règles accumulé durant ces sept années. Or nous avons dans cette notion de "Pacte de sang" quelque chose qui n'est pas propre à la sorcellerie féminine tsigane, même s'il y prend une forme typiquement féminie (sang menstruel). On sait en effet que l'histoire religieuse chrétienne connaît ce pacte du sang que peut établir tout homme, quel que soit son XXX, avec le démon, pour se mettre sous sa protection et reconnaître sa seigneurie (en général, c'est du sang donné au diable à partir d'une blessure volontaire au bras).
Le pacte du sang avec le diable vient ainsi, dans la mythologie tsigane, se superposer à une conception plus ancienne et primitive, plus "naturaliste", dirons-nous, d'un lien entre une femme et une puissances supérieures néfastes. Il faut d'ailleurs reconnaître que dans de nombreuses tribus tsiganes plus christianisées, seule subsiste l'idée de ce pacte avec le démon, comme symbole de soumission à lui, idée ayant souvent élcipsé l'antique croyance à l'origine XXX de la sorcellerie. _________________
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| Sujet: Re: Destin et Féminité Mer 11 Avr - 12:37 | |
| En complément de cette étude, je vous propose de lire aussi le post sur la drabarni :
Ô DRABARNI _________________
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