L'étude de la fonction mythique et religieuse de la femme dans le monde tsigane offre l'avantage de nous situer comme à un carrefour ou un centre de perspective. La féminité domine tellement l'univers religieux et surnaturel des Tsiganes qu'on peut à partir d'elle tenter d'obtenir une compréhension quelque peu synthétique de cet univers.
En effet, les pratiques et superstitions tsiganes présentent des caractères qui en rendent l'analyse laborieuse et une vue synthétique assez aléatoire ; d'où l'absolue nécessité de la recherche d'un fil conducteur à travers le dédale des représentations mythiques et des croyances religieuses tsiganes.
Comme je le dis souvent, les choses chez nous ne s'explique guère, elles se ressentent et se vivent...
Mais bon, à l'heure des technologies évolutives de communication, tentons de faire cet effort...
Le rôle de la femme ou de la féminité dans la vie religieuse et morale tsigane, à travers rites et mythes.
Le sujet étant très vaste, il sera traité ici à propos de quelques rites particulièrement significatifs montrant le lien entre le genre de vie des Tsiganes, la nature de leurs idées morales et des mythes par lesquels ils les traduisent.
D'emblée une constatation s'impose : la femme et le XXX féminin, tiennent une très grande place dans les croyances religieuses, le merveilleux et les mythes tsiganes. En effet, la plupart des "esprits" ou forces surnaturelles qui dominent l'existence humaine et qu'il faut exorciser ou se concilier, selon les cas, sont féminins. Et surtout les intermédiaires entre le monde supérieur et celui des hommes sont essentiellement des femmes, qui exercent une véritable fonction sacrée, soit de divination, soit de guérison, soit de propitiation. Ces femmes tiennent en fait le rôle joué par les castes sacerdotales dans la plupart des autres religions. Il est en fait bien caractéristique du monde tsigane qu'il ignore une quelconque fonction sacerdotale au sens précis du mot. Les représentants de l'autorité tribale n'exercent en effet aucune fonction religieuse proprement dite, privilège qui appartient à certaines femmes. Et de plus, autre caractéristique typique, ces fonctions rituelles exercées par des femmes, et adressées la plupart à des puissances supérieures féminines, ont un but essentiellement pratique, éthique dirions-nous, soit connaître le destin pour aider les Tsiganes à y conformer leur vie, soit lutter contre les forces mauvaises et amener un peu de bonheur et de sécurité à travers l'existence errante de ces nomades.
L'examen de quelques thèmes et croyances, dans lesquels les êtres féminins occupent la principale part, nous permettra de pénétrer quelque peu dans ce monde intérieur tsigane.
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